Syndicat des Eaux et de l’Assainissement Alsace-Moselle

Pourquoi traiter l’eau du robinet

Du captage des eaux au rejet de l’eau épurée dans le milieu naturel, en passant par la distribution de l’eau potable à votre robinet, l’eau effectue un parcours façonné par l’homme. 

Le traitement de l'eau du robinet

Le SDEA exploite plus de 260 sources et plus de 120 puits d'eau potable. Certaines de ces ressources font l'objet d'un traitement avant distribution.

Une eau souvent naturellement potable

Le plus souvent, l’eau d’origine souterraine peut être naturellement potable. Lors de son parcours naturel, l’eau se charge en sels minéraux, oligo-éléments, argile, matières organiques, produits chimiques, gaz, bactéries, polluants… des éléments en suspension ou en solution. Certains sont des éléments indispensables au développement du corps humain, d'autres sont des impuretés qui devront être éliminées. Les eaux de surface en contiennent beaucoup. Les eaux souterraines bénéficient du filtre naturel du sol, qui élimine en grande partie les impuretés. C'est  pourquoi les eaux souterraines sont souvent de meilleure qualité, ne nécessitant généralement aucun traitement.

Un traitement préventif ou curatif

Selon la qualité de l’eau captée, son traitement est préventif ou curatif. Il est préventif pour garantir que l’eau demeure potable pendant toute sa distribution. Il est curatif lorsqu’il faut traiter l’eau pour la rendre potable. 

 

Le traitement préventif consiste en la désinfection, dont le but est d’éliminer les micro-organismes pathogènes susceptibles de nuire à la santé des consommateurs. Les procédés chimiques de désinfection à base de produits oxydants tels que le chlore, l’eau de javel, l’ozone ou le procédé physique à ultra-violets sont répandus. L’avantage des composés chlorés (chlore, gazeux, eau de javel ou bioxyde de chlore) est leur effet rémanent, c’est à dire que leur action désinfectante persiste tout au long du réseau de distribution. 

Le rayonnement ultra-violet empêche la prolifération de bactéries, il n’a pas d’effet rémanent et est plus adapté aux réseaux courts. L’ozone est utilisable principalement sur des unités de grande taille. C’est un oxydant puissant mais peu rémanent. 

 

Pour les eaux superficielles, des traitements plus ou moins élaborés sont souvent nécessaires. La première étape consiste à retenir les grosses particules à l’aide de grilles plus ou moins fines. La seconde étape est la floculation (les particules sont agglomérées), suivie de la décantation (les particules agglomérées sont entraînées par leurs poids au fond de grands bassins appelés décanteurs). 

L’eau traverse ensuite un lit de sable afin d’éliminer les particules plus fines. S’il reste des éléments micropolluants, une filtration sur charbon actif permet de retenir les pesticides et les hydrocarbures. Enfin une désinfection finale est effectuée. 

 

Des traitements de neutralisation et d’élimination du fer ou du manganèse sont parfois nécessaires. La neutralisation consiste à éliminer l'excès de gaz carbonique présent dans l'eau, afin que celle-ci n'attaque pas la canalisation, du fait de son acidité. Des traitements sont mis en œuvre dès que les ressources présentent des taux excessifs en fer et en manganèse. Ces éléments, bien que nécessaires au corps humain, peuvent devenir, par des phénomènes d'eau trouble ou colorée, source d'inconfort pour l'usager.