Le P.A.P.I. Moder
Le SDEA est engagé dans une démarche de programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) pour répondre aux problématiques d’inondations sur le bassin versant de la Moder.
La première étape de cette démarche est le programme d’études préalables (PEP).

Enjeux locaux, actions engagées, événements du passé marquants…, vous trouverez toutes les informations essentielles sur le risque inondation sur le bassin versant de la Moder.
Le bassin versant de Moder
Le bassin versant de la Moder est situé à cheval sur les départements de la Moselle et du Bas-Rhin et s’étend sur environ 825 km².

Le périmètre du PAPI qui a été retenu est plus étendu que le bassin versant au sens strict du terme. L’étude de l’aléa inondation pour une crue centennale, menée par la DDT 67 dans le cadre de l’élaboration du PPRi de la Moder, a mis en évidence que la zone inondable s’étend au-delà du bassin versant hydrographique. En effet, la configuration particulièrement plane de l’aval favorise l’expansion des eaux de crue sur un vaste champ d’inondation, qui recoupe en partie les zones d’expansion de la Zorn et de la Sauer.
Ainsi, le périmètre du PAPI de la Moder comprend l’ensemble du bassin versant hydrographique, en amont, puis en aval il se base sur l’enveloppe du PPRI Moder, permettant d’inclure l’ensemble de l’emprise de la zone inondable.
Il compte environ 142 500 habitants regroupés sur 102 communes dont 12 communes mosellanes. Le périmètre du PAPI couvre 6 intercommunalités.

Le bassin versant de la Moder présente des paysages très contrastés. Du relief des Vosges du Nord en amont, en passant par le piémont et les collines dans la partie médiane, jusqu’à la plaine rhénane en aval, la Moder et ses affluents vont s’écouler à travers des territoires très diversifiés et aux influences multiples.

La topographie du bassin versant de la Moder est relativement variée entre l’amont situé au niveau du massif des Vosges qui présente des cours d’eau de pente moyenne à 18 ‰ et le secteur de plaine à l’aval avec une pente à 0,3 ‰. Le point culminant du bassin versant est « le Grand Wintersberg » situé à 580 mètres d’altitude, localisé dans le massif des Vosges du Nord.

La Moder est un affluent du Rhin qui conflue avec celui-ci au niveau de Beinheim après avoir parcouru environ 82 km. Elle prend sa source au lieu-dit « Moderfeld » sur la commune de Zittersheim. Les principaux affluents de la Moder sont en rive gauche, le Rothbach d’une longueur d’environ 23 km avec une confluence localisée à Pfaffenhoffen (Val de Moder), la Zinsel du Nord d’une longueur d’environ 36 km avec une confluence localisée à l’aval de Schweighouse-sur-Moder. En rive droite, la Zorn d’une longueur d’environ 95 km avec une confluence se trouvant à l’aval de Rohrwiller.
Dans sa portion terminale, entre Neuhaeusel et Beinheim, la Moder a la singularité de couler parallèlement au Rhin avant de s’y jeter à 115 m d’altitude à hauteur du barrage d’Iffezheim.

Les inondations de la Moder
Le bassin de la Moder est exposé au risque d’inondation par débordement de la Moder et ses principaux affluents. Les plus fortes probabilités de survenue d’inondations se situent entre décembre et mars ce qui n’exclut pas des situations à caractère exceptionnel en automne ou au printemps. Les inondations les plus importantes résultent de la concomitance de fortes pluies et d’un redoux entrainant la fonte des neiges.
La partie médiane du bassin versant est également soumise à des inondations par des crues éclair faisant suite à des précipitations intenses à l’origine de ruissellement et pouvant évoluer en coulées d’eaux boueuses. Ces inondations ont le plus souvent lieu au printemps et en été.

Ces inondations sont susceptibles d’avoir un lourd impact sur les activités humaines (dommages physiques et psychologiques, biens, habitations, entreprises, commerces, industries, établissements recevant du public…), mais aussi entraîner des conséquences néfastes sur les milieux naturels (érosion, pollutions…).
On estime que les inondations de la Moder et de ses affluents affectent directement :

Au-delà des zones submergées, les inondations peuvent avoir des répercussions indirectes :
- Coupures de réseaux d’électricité, d’eau potable, d’assainissement
- Perturbations des transports et déplacements
- Interruptions d’activité et chômage.
Le bassin versant de la Moder a été marqué à plusieurs reprises par des inondations importantes. De toutes ces crues, la plus violente est celle de 1970.
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La crue de décembre 1919 / janvier 1920 Les crues de décembre 1919 – janvier 1920 sont qualifiées d’événements de référence en Alsace. La brusque fonte des neiges, survenue du 20 au 23 décembre 1919 et coïncidant avec une période de pluies abondantes, a provoqué dans l'Est de la France des inondations d'une exceptionnelle gravité. Photo : source : Bernard Schmitt – http://reichshoffen.free.fr/Comple/index.html |
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La crue de décembre 1947 Fort enneigement, redoux et pluies exceptionnelles sur le massif vosgien sont à l’origine de la crue majeure de décembre 1947 qui a touché tout le bassin Rhin-Meuse. L’intégralité du bassin versant de la Moder est lourdement impacté, en raison du débordement de la Moder elle-même, mais aussi de la Zinsel du Nord. Ainsi, des dégâts sont signalés de l’amont à l’aval des deux cours d’eau. De nombreuses routes sont fermées à la circulation, notamment du côté de Mertzwiller. Au Nord d’Obermodern-Zutzendorf, les prés sont envahis par l’eau. A l’aval, les villages sont touchés, comme à Neuhaeusel ou à Drusenheim où des dizaines de caves sont inondées. Tous les accès à Dalhunden sont coupés. |
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La crue de janvier 1955 Cette crue a été marquante pour le bassin de la Moder d’autant plus que c’est la dernière fois que la ville de Haguenau a subi des inondations directement dans son centre-ville. La crue de janvier 1955 résulte d’une forte intensité de précipitations liées à un redoux généralisé. Le fait que les sols étaient encore gelés a joué comme facteur augmentant le risque de crue. Les possibilités d’infiltration étaient fortement diminuées et par conséquent, cela a augmenté le ruissellement et le transfert vers les cours d’eau. Cette crue exceptionnelle sur l’ensemble du département du Bas-Rhin a dépassé les plus grandes crues enregistrées pour l’époque. La Moder au pont principal de Pfaffenhoffen s’est avérée avoir un niveau supérieur de 40 cm au-dessus de la crue historique de 1910, si bien que l’eau a pénétré dans le village jusqu’à la mairie en inondant toutes les maisons sur son passage. Elle a causé de nombreux dégâts notamment à Stattmatten où de nombreuses maisons ont dû être évacuées. Les entreprises industrielles de Bischwiller ont également été très fortement impactées par les inondations. |
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La crue de mai 1970 La crue de mai 1970 a touché essentiellement les cours d’eau du nord du département du Bas-Rhin, dont la Moder. Une pluviométrie élevée fut mesurée sur ce secteur, jusqu’à 138 mm à Haguenau sur 48 heures les 10 et 11 mai 1970[1]. Cet épisode succède à un printemps spécialement pluvieux, ce qui a contribué à saturer les sols et donc à favoriser le ruissellement au dépend de l’infiltration. Sur la station hydrométrique de Schweighouse sur la Moder, cette crue correspond au débit de pointe maximum observé depuis sa mise en service en 1966. La période de retour de cette crue de 1970 peut être estimée à une crue cinquantennale. [1] Source : site Pluies Extrêmes de Météo France (http://pluiesextremes.meteo.fr) |
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Les crues d'avril et mai 1963 Deux épisodes de crues très puissants sur la région Alsace se produisent plus particulièrement en avril et mai 1983, où la pluviométrie totale observée est exceptionnelle. Depuis plusieurs semaines avant cet évènement, la pluviométrie observée est largement excédentaire et le sol saturé. Le ruissellement a donc été fortement favorisé au détriment de l’infiltration. Dans le secteur de Bischwiller-Drusenheim, les champs et les prés sont inondés sur des centaines d’hectares et l’eau rend certaines routes impraticables. Un peu plus en amont, à la hauteur de Rohrwiller notamment, l’eau affleure le tablier des ponts. Des dégâts sont également constatés à Obermodern-Zutzendorf et à Uberach où la salle polyvalente, construite en 1980, est inondée. Le débit de la Moder atteint 62,5 m³/s à l’aval de Schweighouse-sur-Moder. |
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La crue de février 1990 Des précipitations intenses s’abattent sur le massif vosgien. Par son intensité et sa durée, le phénomène climatique à l’origine des crues de février 1990 est exceptionnel. Associé à une brusque remontée des températures, y compris en altitude, il provoque une brutale fonte des neiges fraîchement tombées sur le massif vosgien au-dessus de 700 mètres. La crue est rapide et touche de manière simultanée et homogène tous les cours des bassins versants. Les impacts de cette crue sont considérables et sept personnes perdent la vie. Les dégâts matériels sont estimés à un peu plus de 21 millions d’euros pour le département du Bas-Rhin. Concernant la Moder, cette crue a principalement touché un linéaire allant d’Uberach au Rhin, impactant surtout les champs et les prés bordant la rivière, les transformant en un immense plan d’eau presque ininterrompu sur des centaines de mètres de large et plusieurs kilomètres de long. Plusieurs routes ont également été inondées, mais très peu de constructions ont été impactées. |
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La crue de 2010 Une hausse des températures entraînant une fonte des neiges, associée à des précipitations importantes, est à l’origine de la crue de 2010 qui a touché principalement le secteur de Haguenau. L’eau a atteint 3,39 mètres entre Schweighouse-sur-Moder et Haguenau, comme pour la crue de 1970. Une quinzaine de communes, d’Ingwiller à Stattmatten, ont été en alerte de crues. Des chaussées ont été inondées, ainsi que des caves dans plusieurs villages, comme à Drusenheim. L’eau a envahi les champs recouverts de neige. Cet épisode, se rapprochant d’une crue décennale, découle de la fonte assez importante de neige et des fortes précipitations. |
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Les inondations arrivent souvent sans prévenir et peuvent revenir plusieurs fois au même endroit. Avec le changement climatique, elles risquent de devenir plus fortes et plus fréquentes. C’est pourquoi, il est important de bien s’y préparer.



