Le P.A.P.I Sarre
Le SDEA est engagé dans une démarche de programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) pour répondre aux problématiques d’inondations sur le bassin versant de la Sarre.
La première étape de cette démarche est le PAPI d’intention, qui permet d’améliorer la connaissance globale du bassin de la Sarre permettant d’aboutir à un schéma de gestion global du bassin versant.
Enjeux locaux, actions engagées, événements du passé marquants… vous trouverez sur cette page toutes les informations essentielles sur le risque inondation sur le bassin versant de la Sarre.
Le bassin versant de la Sarre
Où se situe le PAPI Sarre ?
La Sarre est un affluent important de la Moselle qui conflue avec celle-ci à l’amont de Trêves, en Allemagne (Land de Sarre). Le bassin versant de la Sarre en territoire français représente environ 3 750 km², situés à cheval sur les départements de la Moselle et du Bas-Rhin.

Le périmètre du PAPI qui a été retenu comprend l’ensemble du bassin versant hydrographique de la Sarre française, ainsi que la Horn française et ses 2 affluents (le Bickenalbe et la Schwalbach) qui rejoignent la Blies, affluent principal de la Sarre à Sarreguemines.
Il compte environ 215 500 habitants regroupés sur 290 communes dont 51 communes bas-rhinoises. Le périmètre du PAPI regroupe 10 intercommunalités.

Le bassin versant de la Sarre présente des paysages très contrastés, d’un paysage de montagne à la plaine, ainsi que des secteurs vallonnés.
Le sud du bassin versant comporte un secteur montagnard sur les premiers contreforts de la chaîne vosgienne. Les points culminants sont le Rocher du Mutzig (1 010 m) et le Donon (1 008 m). Les pentes y sont assez importantes.
Á l’inverse, le secteur de plaine, sur lequel serpente la Sarre se situe à une altitude moyenne de 250 mètres. Les pentes sont faibles et le lit majeur peut s’étendre en champs d’expansion des crues.
La morphologie du relief influence de manière significative, les vitesses d’écoulement des cours d’eau, le ruissellement et l’érosion.

La Sarre est un affluent important de la Moselle qui conflue avec celle-ci à l’amont de Trêves, en Allemagne. Elle trouve son origine à Hermelange par la réunion de la Sarre Rouge et de la Sarre Blanche. Ses principaux affluents sont la Blies, l’Albe et l’Eichel.
La Blies, drainant un sous bassin versant de 1 930 km², prend sa source en Allemagne dans le massif schisteux rhénan et développe un linéaire d’environ 100 km. Elle serpente dans des vallées encaissées avec des pentes moyenne sur les versants de l’ordre de 5 % Son bassin versant est situé pour 18 % en France, 37 % dans le Land de Sarre et 45 % dans le Land de Rhénanie-Palatinat. Ses principaux affluents sont le Schwarzbach (1 150 km²) et la Horn/Hornbach (520 km²). Cette configuration confère au bassin versant sarrois un aspect transfrontalier qui est à souligner.
Cette morphologie du territoire, frontalier des Lands de Sarre et de Rhénanie-Palatinat, implique une coopération transfrontalière forte au travers de différentes actions, notamment au sein de groupes de travail de la Commission Internationale pour la Protection de la Moselle et de la Sarre, ainsi qu’entre les différentes structures françaises et allemandes œuvrant pour la prévention des inondations.


Les inondations de la Sarre
Le bassin de la Sarre est exposé au risque d’inondation par débordement de la Sarre et ses principaux affluents. Les plus fortes probabilités de survenue d’inondations se situent entre décembre et mars ce qui n’exclut pas des situations à caractère exceptionnel en automne ou au printemps. Les inondations les plus importantes résultent le plus souvent de la concomitance de fortes pluies et d’un redoux entrainant la fonte des neiges (crue de 2010).
Le bassin versant est également soumis à des inondations par des crues éclair faisant suite à des précipitations intenses à l’origine de ruissellement et pouvant évoluer en coulées d’eaux boueuses. Ces inondations ont le plus souvent lieu au printemps et en été, en lien avec les averses orageuses.

Ces inondations peuvent avoir un lourd impact sur les activités humaines (dommages physiques et psychologiques, biens, habitations, entreprises, commerces, industries, établissements recevant du public…) mais aussi entraîner des conséquences néfastes sur les milieux naturels (érosion, pollutions…).
On estime que les inondations de la Sarre et de ses affluents affectent directement :

Au-delà des zones inondées, les inondations peuvent avoir des répercussions indirectes :
- Coupures de réseaux d’électricité, d’eau potable, d’assainissement ;
- Perturbations des transports et déplacements ;
- Interruptions d’activité et chômage.
Le bassin versant de la Sarre, comme l’ensemble du grand Est de la France, a connu plusieurs inondations importantes ces dernières décennies : on peut citer les crues de 1970, 1982 et 1983, 1993, 1997 et 1998, ainsi que plus récemment mai 2024, qui ont causé de nombreux dégâts. Mais, il ne faut pas oublier également les crues plus anciennes qui ont marqué le territoire, comme celles de 1910, 1919, 1947, 1955 et 1958 pour ne citer qu’elles.
Les dernières crues significatives sur la Sarre dataient de décembre 1993 (Sarre aval/Blies) et de février 1997 (Sarre intermédiaire/Albe), correspondant globalement à une crue centennale à l’aval de la confluence Sarre/Blies (1 chance sur 100 de survenir chaque année) et à une crue cinquantennale à centennale sur le secteur Albe/Sarre aval. Dans les mémoires, le risque d’inondation commence à s’estomper. Il demeure cependant une réalité contre laquelle il est important de se prémunir.
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La crue de décembre 1919 / janvier 1920 Les crues de décembre 1919 – janvier 1920 sont qualifiées d’événements de référence dans l’Est de la France. La brusque fonte des neiges, survenue du 20 au 23 décembre 1919 et coïncidant avec une période de pluies abondantes, a provoqué des inondations d'une exceptionnelle gravité. |
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La crue de décembre 1947 Fort enneigement, redoux et pluies exceptionnelles sur le massif vosgien sont à l’origine de la crue majeure de décembre 1947, début 1948 qui a touché tout le bassin Rhin-Meuse. Cette crue a occasionné des inondations importantes le long de la Sarre, notamment à Sarreguemines, où un quartier a été entièrement inondé et trois cents personnes ont été évacuées. |
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Les crues d'avril et mai 1983 L’épisode de crue de mai 1983 s’inscrit donc dans un contexte de saturation des sols après plusieurs semaines de pluviométrie remarquable. Les plus forts cumuls sont observés en tête de bassin et assez homogènes sur le cours intermédiaire et aval de la Sarre. De nombreux quartiers des vallées de la Sarre ont été envahis par les eaux, routes coupées (route RN 4 inondées et interdites à la circulation à Reding) et personnes évacuées. Cette crue a globalement impacté de manière plus importante l’amont du bassin versant. |
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La crue de décembre 1993 Cet événement se distingue par une crue importante sur l’aval du bassin versant de la Sarre, associée à une crue centennale de la Blies. L’épisode de crue, centré sur les journées du 21 et 22 décembre 1993, s’inscrit dans le contexte d’un automne et d’un début d’hiver excédentaire, contribuant à la saturation des sols, associé à des chutes et fontes de neige successives. Les cumuls de précipitation du 21 et 22 décembre se situent aux alentours de 50 mm, ainsi que ceux du jour précédent. On observe une quasi-concomitance entre les pics de crue de la Sarre et de la Blies. Cet épisode a généré de nombreux dommages sur les bassins versants de la Sarre et de la Blies. Pour exemple, 18 hectares de surfaces urbanisées furent inondés à Sarrebourg, mais également à Berthelming, Romelfing, Sarrewerden et Sarre-Union. Dans le val de Sarre, une exploitation agricole a été durement touchée et du bétail a péri lors de l’inondation. |
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La crue de février 1997 L’épisode est centré sur les journées du 26 et 27 février, suite à des cumuls de l’ordre de 60 à 80mm, cumulés à un épisode précédent (19 février) qui a saturé les sols. Cet épisode est intéressant puisqu’il présente une crue d’ampleur importante sur la Sarre à l’aval de Sarrebourg (période de retour entre 20 et 50 ans) associée à une crue centennale de l’Albe, affluent de la Sarre. D’importants dégâts sont constatés dans les quartiers de la vieille ville à Sarreguemines, en plus des routes coupées et personnes évacuées. Entre Zetting et Wittring, une cinquantaine de maison est inondée, mais également dans le secteur de Sarrebourg (Réding, Bébing). |
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La crue de mai 2024 La crue de mai 2024, près de trois décennies après des crues d’ampleur similaires sur le bassin versant, ont mis en évidence le fait que la mémoire du risque à l’échelle des vies humaines est assez courte et qu’il est nécessaire de la cultiver. Cette crue est liée à un événement hydrologique exceptionnel, qui s'est produit le 17 mai 2024 en raison des quantités de précipitations d'ordre centennales sur le nord de l'Alsace, en particulier sur l'Alsace du nord, la Moselle et la partie allemand du bassin sarrois. Le cumul de précipitation sur 24h atteignit plus de 100 mm. On peut traduire cette valeur en un cumul de 3 mois de pluie, tombé en une trentaine d’heures. Cet épisode pluvieux intervenant à la suite d’un hiver et d’un printemps humides, sur des sols complètement saturés, les réactions hydrologiques ont été exceptionnelles, impliquant des crues de période de retour centennale sur l’Eichel, et de l’ordre de la trentennale sur la Sarre à l’aval (Sarralbe). Plus de 125 communes ont fait l’objet de déclaration Catastrophe Naturelle, les communes de Sarralbe, Herbitzheim, Diemeringen et du val de Blies ont été particulièrement impactées : logements, entreprises et bâtiments publics inondés, routes coupées. |
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Les inondations surviennent souvent sans prévenir et peuvent revenir plusieurs fois au même endroit. Avec le changement du climat, leur fréquence et leur intensité tendent à augmenter. C’est pourquoi, il est d’autant plus important de bien s’y préparer.










